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20.02.2008

Entretien avec Pascale MIDOL

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Aujourd'hui, c'est Pascale Midol,
54 ans, mariée, 3 enfants et
Professeur des écoles à l’école primaire de Grabels. qui répond à nos questions.





"- LB: Bonjour Pascale Midol, vous avez répondu favorablement à la proposition de René Revol d’être candidate sur la liste un Projet pour Grabels, pourquoi ?

- PM: J’ai apprécié la méthode de travail démocratique et participative du projet pour Grabels. J’y retrouve les valeurs qui par ailleurs animent tout mon travail d’enseignante.
Tous les jours par notre pratique, nous enseignons la démocratie aux enfants, la citoyenneté responsable dans des valeurs de laïcité, de respect, de tolérance, de justice, de partage et de fraternité. Oui, contrairement à ce que prétend Sarkozy, il n’y a certes pas que les curés et les pasteurs qui apportent des valeurs morales aux enfants. Ce sont ces mêmes valeurs que je souhaite voir guider l’action communale et c’est pour cela que je fais confiance à cette liste.
Vous savez « liberté, égalité, fraternité », cette devise inscrite au frontispice des bâtiments de la république, il n’y a plus guère que les vieux "instits" pour y croire encore aujourd’hui! Et puis, j’ai envie de bouger pour Grabels. Grabels est le lieu que nous avons choisi, il y a 16 ans pour y prendre un peu racine et offrir à nos enfants une « maison de famille ».

- LB: Et comme on le demande à tous nos invités que faisiez vous à 20 ans ?

- PM: A 19 ans, j’ai quitté Antibes et le domicile familial pour aller vivre avec mon compagnon sur un bateau à Caen. Là pendant plusieurs années, j’ai concilié la vie rude des chantiers navals (ensemble, à 2, sans moyens matériels importants nous avons construits 7 coques de voiliers en acier et notre propre bateau), les études ( j’ai une maîtrise de Lettres Modernes et une licence de Français Langue étrangère) la navigation et le travail. J’ai été surveillante pendant mes études, puis chargée de mission au rectorat de Caen, puis animatrice de PAIO pour la mairie d’Hérouville Saint Clair, chargée d’aider les jeunes sans qualification et sans emploi dans leur orientation.

- LB: Et ..?

- PM: J’ai vécu 10 ans dans ce monde marin, traversant par 2 fois l’Atlantique pour aller faire du charter aux Antilles une fois en 78 et une seconde fois en 82. A l’époque, je rêvais de passer Panama et de faire un tour complet du monde, mais la réalité financière nous a ramené en France sur les chantiers de construction navale. Puis, jai quitté la Normandie et les bateaux, décidant de changer de vie et d’aller vivre à Nice avec ma fille, alors âgée de 3 ans...
Ensuite, j’ai passé un concours pour devenir institutrice, c’était fin juin 1983, et le 3 septembre je me retrouvais devant une classe d’enfants de CE1 dans un quartier dit « difficile ». J’ai quitté Nice au bout de 4 ans pour aller enseigner à Paris où je me suis mariée avec Jérôme Coste et où sont nés mes deux derniers enfants.
Nous voulions offrir à nos enfants une qualité de vie meilleure, nous donc avons choisi de venir vivre dans la région de Montpellier. En visitant Grabels, nous sommes tombés amoureux d'une maison centenaire de vigneron dans le centre du village. Et depuis 1992, c'est notre maison... et Grabels est la ville dans laquelle j’ai résidé le plus longtemps. J’aime beaucoup vivre ici même si je me sens aussi un peu nomade dans l’âme.
J’ai enseigné 4 années à l’école maternelle de Grabels jusqu’en 2001, et depuis notre retour du Niger en 2004, j’enseigne à l’école élémentaire. Différentes activités avec les enfants de l’école m’ont permis de mieux connaître et d’apprécier l’environnement grabellois.

- LB : Vous aimez voyager ?

- PM: Oui, j’ai aimé naviguer, vivre au rythme du bateau, visiter les ports de La Manche, de l’ Atlantique Nord et de la Méditerranée. Jérôme, lui, de par son travail de coopération avec les pays en voie de développement était amené à beaucoup se déplacer en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie. J’ai pu profiter de vacances pour le rejoindre parfois… Et comme je vous l'ai dit, nous sommes partis de 2001 à 2004 vivre au Niger, Jérôme pour son travail et moi pour enseigner au lycée français de Niamey où les enfants étaient scolarisés. Rétrospectivement, ce fut, une belle aventure pour toute la famille qui rêvait de l’immensité du désert, des bivouacs en brousse et de la découverte d’autres cultures et d’autres sociétés. Le Niger est un pays passionnant et nous avons aimé séjourner dans les campements touaregs, ainsi que découvrir toute la diversité culturelle des peulhs wodaabe, des arabes tchoua, ou encore nous rendre dans les pays limitrophes.

- BL: En dehors de votre métier, quelles sont vos activités ?

- PM: Pendant longtemps, j’ai ressenti la nécessité de créer de mes mains, prolongement de ce travail manuel que j’avais choisi en réalisant des bateaux en acier. Aujourd’hui c’est plus un besoin de m’investir dans la vie sociale qui m’anime et j’ai laissé de côté la sculpture et la peinture que j’ai pratiquées jusqu’à notre départ pour le Niger.
Aujourd’hui, je fais partie du RESF (réseau d’éducation sans frontière) et je parraine des jeunes adultes scolarisés sans papier. La politique injuste et la situation actuelle me révoltent et parfois je sens que ce combat est dur à porter, même si de plus en plus de citoyens se mobilisent car refusant la passivité.
Je fais aussi partie d’une association « les amis d’Adkoul » qui est le relais d’une ONG nigérienne « Adkoul ».
Adkoul signifie développement, progrès en Tamashek, la langue des Touaregs. Cette ONG est conduite par de jeunes touaregs de nos amis qui veulent venir en aide aux populations de l’Azawak, très démunies et très pauvres, dont eux –mêmes sont issus. Je me suis investie plus particulièrement dans l’aide apportée à une école d’enfants de nomades, l’école d’Akarana, avec laquelle chaque année, ma classe à Grabels, correspond.
Devant les difficultés de (sur)vie de ces enfants (pas d’accès à l’eau, sous alimentation, dénuement extrême…), nous ne pouvions nous contenter d’un simple échange épistolaire.
J’ai proposé des ventes de cartes postales, de calendriers… pour que les bénéfices puissent apporter à ces enfants une réelle aide matérielle.
Ainsi, la solidarité des Grabellois a pu apporter d’importantes améliorations matérielles à la des enfants d’Akarana. Cette année où la solidarité s’est élargie, nous pouvons enfin faire commencer le travail de réalisation d’un vrai puits à Akarana ! C’est une belle victoire sur l’adversité et un bel encouragement à poursuivre des actions de solidarité.

- LB: Merci... Qu’auriez vous envie de dire à ceux qui vont lire notre entretien?

- PM: J’ai envie de leur dire qu’il y a urgence à se mobiliser. Nous vivons aujourd’hui dans un monde qui change.. Il faut chercher à donner davantage de sens à notre vie. Cela se fait individuellement bien sûr, mais nous pouvons aussi agir au niveau local, dans notre ville.
Dans notre société qui semble n’avoir comme moteur que le profit et l’argent, nous pouvons dans notre commune repenser l’épanouissement de chacun dans la vie associative, valoriser la culture et le respect de l’environnement, retisser des liens sociaux dans des valeurs d’échange et de solidarité. Il faut bouger aujourd’hui, j’y crois comme à une nécessaire urgence.

-LB: Merci encore, et je voudrais vous souhaiter bon courage pour tout ce que vous entreprenez.

- PM: De rien, merci à vous."

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Commentaires

tu ne serais pas accroc paul

lol

Ecrit par : jipi le blogueur | 07.02.2008

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